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5 GW de solaire raccordés en France en 2025 : la carte des opportunités pour les installateurs pros

Plus de 5 GW de nouvelles capacités photovoltaïques raccordées en France en 2025, dont une part croissante en moyenne et grande puissance. Pour un installateur PV professionnel, c'est la confirmation que le marché bascule du résidentiel vers le segment tertiaire-industriel. Voici où sont les volumes et comment les capter.

Début 2026, Enedis a publié son bilan annuel du réseau de distribution : près de 5,8 GW de capacité photovoltaïque raccordés sur l'année 2025, portant le parc Enedis à environ 26,8 GW. À ces chiffres s'ajoutent les centrales utility scale raccordées directement au réseau de transport, dont le bilan consolidé est publié dans le Panorama de l'électricité renouvelable de RTE. Le compteur France métropolitaine 2025 atteint 6,1 GW raccordés sur l'exercice selon le SDES, dans la continuité du palier 2024 documenté à 5,2 GW qui marquait déjà une rupture par rapport aux 3,4 GW raccordés en 2023.

Pour un installateur photovoltaïque professionnel - celui qui vend du moyen et du grand format à des bailleurs, des foncières, des industriels - ce niveau ne raconte qu'une moitié de l'histoire. L'autre moitié est dans la répartition par segment, qui s'est silencieusement déplacée depuis trois ans et qui dicte aujourd'hui où sont les volumes et où les marges sont défendables.

Ce que disent les chiffres officiels pour 2024 et 2025

Trois sources publiques fixent le cadre. Le Panorama de l'électricité renouvelable de RTE, publié en juin de chaque année, donne le bilan consolidé France métropolitaine. Le bilan électrique d'Enedis sur le réseau de distribution. Et la publication trimestrielle Statinfo du SDES qui décline les raccordements par tranche de puissance.

Quatre constats structurent la lecture des données 2024-2025.

Le parc total dépasse 30 GW. Fin 2024, la France métropolitaine comptait 25,3 GW raccordés tous réseaux confondus, en croissance de 24 % sur un an. Fin 2025, sur la seule base Enedis qui exclut les centrales utility scale RTE, le parc atteint environ 26,8 GW. La consolidation France 2025 s'établit à 31,3 GW selon le SDES.

La production solaire atteint 23 TWh. En 2024, la production photovoltaïque française a couvert 23,1 TWh de consommation, dont 21,8 TWh injectés et 1,3 TWh autoconsommés (+8 % sur un an selon RTE). Sur ces 23,1 TWh, l'autoconsommation représente une part marginale en énergie mais une part beaucoup plus importante des projets nouveaux engagés en 2025-2026.

Le résidentiel concentre les volumes en nombre, mais reste marginal en puissance. Les installations de 3 kWc ou moins représentent 56 % des installations raccordées mais seulement 6 % de la puissance installée. C'est le marché des couvreurs-installateurs locaux, et son économie est dictée par les tarifs S21 du guichet ouvert résidentiel.

Le segment ≥ 500 kWc concentre la moitié de la puissance. Les 0,3 % d'installations les plus puissantes - au-delà de 500 kWc - pèsent à elles seules 47 % du parc total. C'est le segment des grandes toitures industrielles, des ombrières de parking d'envergure, des centrales agrivoltaïques et des centrales au sol. C'est aussi celui qui définit aujourd'hui l'économie d'un installateur professionnel.

La bascule structurelle vers le segment ≥ 500 kWc

Trois facteurs convergents expliquent cette bascule, et un installateur professionnel qui veut tenir sa marge en 2026-2027 doit la lire dans le détail.

D'abord, le tarif S26 du guichet ouvert pour le segment moyen (100-500 kWc) a été révisé en début 2025 et reste pour l'instant attractif, sans devenir surcompétitif. Pour les puissances au-dessus de 500 kWc, le passage par l'appel d'offres CRE (Commission de régulation de l'énergie) reste la norme - avec un calendrier semestriel qui mécanise les volumes et tire les prix vers le bas. Les opérateurs qui ont structuré leur ingénierie d'offre autour de cette discipline gagnent les lots ; les autres se replient sur le guichet ouvert moyen.

Ensuite, l'arrivée de l'obligation de la loi APER sur les ombrières de parkings extérieurs au 1er juillet 2026 pour les parcs supérieurs ou égaux à 10 000 m² puis au 1er juillet 2028 pour les parcs de 1 500 à 10 000 m² - détaillée dans notre article dédié à la loi APER - déclenche une vague de projets dimensionnés à 600-1 200 kWc par site. Pour les installateurs qui adressent les foncières commerciales, c'est typiquement entre cinq et quinze sites par contrat-cadre. Volumes captifs, marges compatibles avec le guichet ouvert tant que le portage de structure d'ombrière est maîtrisé.

Enfin, la dynamique de l'agrivoltaïsme - encadrée par le décret n° 2024-318 du 8 avril 2024 - ouvre un troisième flux de projets de 1 à 5 MWc, principalement sur le grand quart sud du pays. Ce segment combine ingénierie agronomique et ingénierie photovoltaïque, et reste l'apanage d'opérateurs spécialisés, mais il aspire une part croissante des capacités industrielles disponibles.

Cinq segments porteurs en 2026-2027

Pour un installateur professionnel qui veut prioriser sa prospection sur les dix-huit prochains mois, cinq segments concentrent les volumes captables avec une économie défendable.

Les toitures industrielles supérieures à 2 000 m². Marché historique qui reste porteur grâce à l'éligibilité tarifaire et au profil de consommation des sites industriels. La diversification vers l'autoconsommation collective entre entreprises voisines, ouverte par la loi Énergie-Climat de 2019, redonne du potentiel sur les zones d'activité économique.

Les ombrières de parking ≥ 1 500 m² au titre de la loi APER. Volume captif et croissant - l'échéance 2028 multiplie le périmètre par cinq à dix par rapport à 2026. Voir notre article dédié à la loi APER pour le détail des deux échéances.

Les grandes toitures agricoles. Bâtiments d'élevage, hangars de stockage, ateliers d'exploitation - souvent supérieurs à 1 000 m² et bien orientés. Le couplage avec l'autoconsommation et la tarification adaptée aux exploitations agricoles rend l'économie particulièrement favorable. Les installateurs qui ont noué une relation avec les chambres d'agriculture régionales et les CUMA captent ce segment.

Les centrales au sol sur friches industrielles et anciennes carrières. Encadrées par la loi APER, ces installations bénéficient d'un parcours simplifié quand elles s'inscrivent dans une zone d'accélération définie par la commune. Cible : les opérateurs qui ont la capacité de portage foncier ou de partenariat avec un développeur.

L'agrivoltaïsme en moyenne puissance. Volumes par projet importants, complexité réglementaire élevée - mais l'encadrement par le décret 2024-318 a stabilisé les pratiques, et les premiers retours d'exploitation rassurent les agriculteurs comme les financeurs.

Cas-type - un installateur PV qui pivote du résidentiel vers le grand tertiaire

Prenons un installateur PV régional historiquement positionné sur le segment résidentiel et petite puissance (3 à 100 kWc) - typique du paysage : une équipe de quinze à vingt personnes, dont quatre commerciaux et huit techniciens. Volume d'affaires en 2024 : autour de 4 M€, avec 70 % de résidentiel et 30 % de petit collectif et tertiaire.

Lecture du marché 2026 pour cet installateur. Le segment résidentiel se massifie, mais les marges se tassent - la concurrence des grandes franchises nationales et la pression sur les prix du guichet ouvert résidentiel rendent l'économie unitaire difficile. Le segment 100-500 kWc reste stable mais sous-exploité dans le portefeuille existant. Le segment supérieur ou égal à 500 kWc - celui qui pèse 47 % du marché national - est absent du carnet de l'installateur.

Pivot stratégique réalisable en dix-huit mois. Ouvrir une cellule dédiée 100-500 kWc avec deux commerciaux orientés bâtiments tertiaires et bâtiments agricoles. Recruter un ingénieur d'études orienté grandes toitures. Structurer une offre ombrières parking en partenariat avec un fabricant de structures pour adresser l'échéance APER 2026. Cible dix-huit mois : 1,5 à 2,5 M€ supplémentaires sur le 100-1 000 kWc, marge brute supérieure au résidentiel, et un portefeuille de huit à quinze contrats-cadres avec des foncières et des syndics agricoles.

L'investissement initial - recrutement, formation, outillage de chiffrage moyen format - se chiffre entre 150 et 300 k€ sur l'exercice de bascule. Le retour sur investissement s'observe en pratique sur le deuxième exercice après bascule.

Les trois angles de prospection les plus efficaces en 2026

Le premier, c'est la sortie systématique des bases publiques de bâtiments éligibles. La BDNB de l'IGN (Base de Données Nationale des Bâtiments) croisée avec le RNB (Référentiel National des Bâtiments) permet d'identifier les toitures industrielles supérieures à 2 000 m², les bâtiments tertiaires supérieurs à 1 000 m², les parkings extérieurs supérieurs à 1 500 m² assujettis APER. Croiser ensuite avec la propriété SIREN et le code NAF du gestionnaire pour cibler les décideurs.

Le deuxième, c'est l'approche par contrat-cadre sur les foncières et les groupements. Une foncière commerciale qui détient trente à quatre-vingts retail parks a un seul décideur - direction immobilière nationale - et un calendrier APER homogène. Un installateur qui se positionne tôt sur un contrat-cadre couvre plusieurs années de carnet - c'est la mécanique inverse du démarchage site par site.

Le troisième, c'est le couplage IRVE-PV pour les sites contraints par l'obligation LOM (loi d'orientation des mobilités) ET l'obligation APER. Un retail park doit installer ombrières (APER) et bornes (LOM) - une seule mobilisation foncière, un seul raccordement Enedis renforcé, une seule coordination chantier. L'installateur qui sait piloter les deux maille le projet plus efficacement que le concurrent qui ne fait que l'un des deux.

C'est exactement ce que le silo solaire de Momento.AI industrialise : sourcing automatisé des bâtiments et parkings éligibles à partir des bases publiques, identification du décideur, et séquences commerciales calibrées pour adresser les comptes-clés des segments porteurs. Voir notre accompagnement solaire.

FAQ

Quel a été le volume de raccordements PV France métropolitaine en 2025 ?

Selon les premières données consolidées, le réseau Enedis a accueilli 4,4 GW de nouvelles capacités photovoltaïques en 2025, portant le parc Enedis à 22,5 GW. Les centrales utility scale raccordées directement sur RTE - au-delà de 12 MW - ajoutent à ce chiffre. Leur consolidation est publiée annuellement dans le Panorama de l'électricité renouvelable de RTE à paraître en juin 2026. Le compteur France total dépasse 5 GW raccordés sur l'exercice 2025, dans le prolongement du jalon 5 GW atteint en 2024.

Le segment résidentiel est-il toujours porteur en 2026 ?

En volumes d'installations, oui - il reste majoritaire (56 % des installations selon les chiffres clés 2025 du SDES). En valeur économique pour l'installateur, le segment se massifie et les marges unitaires se tassent. Les installateurs qui restent compétitifs sur le résidentiel sont ceux qui ont structuré une chaîne low-cost (logistique mutualisée, équipes de pose lean, configurateur client en ligne) ou qui combinent installation et offre de services (autoconsommation pilotée, stockage, gestion d'énergie).

Comment se positionne l'autoconsommation collective dans le mix 2026 ?

L'autoconsommation collective, encadrée par les articles L. 315-2 et suivants du Code de l'énergie, a connu une accélération à partir de 2023 avec l'élargissement du rayon de participation. En 2025, le SDES estime que 58 % des installations photovoltaïques en métropole sont en autoconsommation totale ou partielle, soit 15 % de la puissance installée. Le segment est tiré par les copropriétés, les zones d'activité économique et les agglomérations qui mobilisent leur patrimoine bâti.

Quel est l'horizon de la PPE 3 pour le solaire ?

La Programmation pluriannuelle de l'énergie 2025-2035 (PPE 3), fixée par le décret n° 2026-76 du 12 février 2026, vise un objectif de capacité photovoltaïque installée comprise entre 55 et 80 GW à horizon 2035 (environ 48 GW visés dès 2030), contre environ 31 GW fin 2025. Atteindre ce palier suppose un rythme de raccordements de l'ordre de 3 à 3,5 GW par an sur la décennie - un rythme soutenu qui suppose la pérennité des tarifs S21 du guichet ouvert et la fluidité des appels d'offres CRE pour les grandes puissances.

Sources

Les chiffres et références cités ci-dessus sont sourcés sur les sites officiels suivants. Bilan annuel consolidé : Panorama de l'électricité renouvelable de RTE, édition 2024. Données réseau de distribution : Bilan électrique d'Enedis et tableau de bord solaire photovoltaïque T3 2025 du SDES. Synthèse nationale : Chiffres clés des énergies renouvelables 2025 du SDES. Cadre programmatique : PPE 3, ministère de l'économie. Cadres réglementaires sectoriels : loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (loi APER), décret agrivoltaïsme n° 2024-318 du 8 avril 2024, loi d'orientation des mobilités du 24 décembre 2019.

Article publié le 28 mai 2026 par Hugo Graziano. Un installateur PV qui veut prioriser sa prospection sur les segments porteurs et industrialiser le sourcing à partir des bases publiques peut demander un diagnostic Momento.AI - trente minutes, et une carte des opportunités sur son territoire.

Hugo Graziano, fondateur de Momento.AI

Hugo Graziano

Fondateur, Momento.AI · Publié le 28 mai 2026